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Diagnostic des rejets de greffes de cœur : une équipe française démontre l’intérêt d’une nouvelle méthode, le microscope moléculaire

Publié le Page vue 415 fois. Communiqués de presse

Une équipe AP-HP/Inserm/Paris Descartes démontre que l’analyse ultra-fine des gènes exprimés par les cellules du cœur par une nouvelle technique appelée « le microscope moléculaire » permet d’identifier de manière précise et très précoce les patients qui présentent un début de rejet de greffe de cœur.
C’est la première fois que cette technique est appliquée à large échelle dans le rejet humoral cardiaque.
Les résultats de cette étude font l’objet d’une publication le mardi 07 mars 2017 dans la revue Circulation.
Ils constituent une avancée majeure pour améliorer la longévité de la greffe cardiaque et par conséquent celle des patients.

Avec le vieillissement de la population, on observe une augmentation des patients en insuffisance cardiaque terminale, 1ère cause d'hospitalisation chez l'adulte en France et responsable de 32 000 décès par an.

La transplantation cardiaque reste actuellement l'unique alternative à l'insuffisance cardiaque terminale. Malgré l'amélioration de la prise en charge des patients transplantés cardiaques, le rejet demeure un problème majeur menant à la détérioration et à la perte du cœur greffé ainsi qu'à une augmentation de la mortalité.

L’équipe, coordonnée par le Dr Alexandre Loupy de l’hôpital Necker-Enfants malades -AP-HP, Inserm U970, Université Paris-Descartes- a analysé, en collaboration avec quatre autres centres français -Hôpital Pitié Salpêtrière AP-HP, Hôpital européen Georges-Pompidou AP-HP, Nantes, Rouen- et un centre canadien (Edmonton Canada) les prélèvements cardiaques de 240 patients transplantés.

L’analyse des gènes exprimés par les cellules cardiaques a permis d’identifier un profil spécifique chez les patients présentant un rejet, mais également le niveau de gravité de ce rejet ainsi que les mécanismes biologiques impliqués. Cette signature génétique permettra à terme d'adapter les traitements afin de limiter les conséquences du rejet en agissant spécifiquement sur les mécanismes par des thérapies ciblées.

« L'originalité de notre approche est d’ajouter aux techniques classiques d’examen du greffon cardiaque l’analyse fine de l’expression des gènes et de déterminer une signature spécifique caractérisant le rejet cardiaque. Des gènes communs ont été identifiés, révélant des voies de signalisation clés impliquées dans le rejet. Cette étude ouvre une nouvelle dimension dans la détermination de l'activité de la maladie, des lésions et du stade de la maladie par une médecine de précision à l’échelle moléculaire » précise le Dr Alexandre Loupy.

Les résultats de l’analyse du microscope moléculaire sont conjugués avec des résultats cliniques et immunologiques au sein d’équations mathématiques permettant d’améliorer encore le diagnostic du rejet. « Cette approche intégrative combine des données de cardiologie, de génétique, de statistiques, d’immunologie, d’histopathologie pour aboutir à une médecine personnalisée » s’enthousiasme le Pr Xavier Jouven, chef du pôle de cardiovasculaire rénal et métabolique de l’Hôpital européen Georges Pompidou, AP-HP et directeur de l’équipe de recherche au sein de l’unité Inserm 970.

L'intégration du microscope moléculaire aux techniques de diagnostic standard ouvre de nouvelles perspectives, dans l’amélioration de la classification internationale du rejet cardiaque et permet la reclassification des patients suivant la sévérité de leur maladie. Cette approche de médecine intégrative représente une nouvelle stratégie pour augmenter la longévité de la greffe et améliorer le pronostic des patients.

Source:

Gene Expression Profiling for the Identification and Classification of Antibody-Mediated Heart Rejection

Alexandre Loupy, MD, PhD, Jean Paul Duong Van Huyen, MD, PhD, Luis Hidalgo, PhD, Jeff Reeve, PhD, Maud Racapé, PhD, Olivier Aubert, MD, Jeffery M. Venner, MSc, Konrad Falmuski, PhD, Marie Cécile Bories, MD, Thibaut Beuscart, MD, Romain Guillemain, MD, Arnaud François, MD, Sabine Pattier, MD, Claire Toquet, MD, Arnaud Gay, MD, Philippe Rouvier, MD, PhD, Shaida Varnous, MD, Pascal Leprince, MD, PhD, Jean Philippe Empana, MD,PhD, Carmen Lefaucheur, MD, PhD, Patrick Bruneval, MD, Xavier Jouven, MD, PhDPhilip F. Halloran, MD, PhD

Circulation. 2017;135:917–935. DOI: 10.1161/CIRCULATIONAHA.116.022907

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