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Une avancée majeure pour les patients atteints de cancer traités pour un événement thromboembolique veineux

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Une avancée majeure et de nouvelles perspectives pour les patients atteints de cancer traités pour un événement thromboembolique veineux
Une avancée majeure pour les patients atteints de cancer traités pour un événement thromboembolique veineux -
Getty Images

Une étude majeure dans la prise en charge des patients atteints de cancer et traités pour un événement thromboembolique veineux (thrombose veineuse profonde, embolie pulmonaire), deuxième cause de décès, a été menée et coordonnée par la Pr Isabelle Mahé, Université Paris Cité, cheffe du service de médecine interne de l’hôpital Louis-Mourier AP-HP. Il s’agit du premier essai académique international à avoir évalué l’efficacité et la tolérance d’une stratégie anticoagulante au-delà des six premiers mois de traitement, et démontrant que la dose réduite d'apixaban, un anticoagulant oral, est à la fois aussi efficace et plus sûre que la dose pleine.

Cette étude prospective randomisée en double aveugle multicentrique, promue par l’AP-HP et coordonnée par l’URC Lariboisière Saint-Louis, a été menée dans 136 centres en Europe (Angleterre, Autriche, Belgique, Espagne, France, Grèce, Italie, Pays-Bas, Pologne et Suisse) et au Canada de 2018 à 2024.

Les résultats de cette étude ont fait l’objet d’une publication dans le New England Journal of Medicine et ont été présentés lors du congrès The American College of Cardiology ce samedi 29 mars 2025.

La thrombose veineuse profonde et l’embolie pulmonaire, présentations de la maladie thromboembolique veineuse (TEV), sont une complication fréquente du cancer et la deuxième cause de décès chez les patients atteints de cancer, après le cancer lui-même. Plusieurs facteurs contribuent à expliquer ce risque TEV : les cellules cancéreuses libèrent des substances qui favorisent la coagulation, facilitant ainsi la formation de caillots sanguin ; le traitement du cancer peut également favoriser une inflammation des vaisseaux sanguins et augmenter le risque de formation de caillots sanguins. La chirurgie et la pose de dispositifs invasifs contribuent également à expliquer ce risque TEV.

Au total, 1 766 patients atteints d’un cancer actif, âgés de 67 ans en moyenne, ont été inclus dans 11 pays, dont 57 % de femmes. 65,8 % avaient un cancer métastatique et 81,2 % recevaient un traitement anticancéreux au moment de l'inclusion.

  Le critère d'évaluation principal de l'étude était toute récidive de TEV ou tout décès dû à une TEV pendant la période de traitement. Le critère d'évaluation secondaire était le composite de saignements majeurs et de saignements ayant nécessité le recours à des soins médicaux.

« Nos résultats montrent que, chez les patients atteints d'un cancer actif ayant reçu au moins six mois de traitement anticoagulant pour un événement TEV, un traitement prolongé avec une dose réduite d'anticoagulant par apixaban ne s’accompagne pas d'augmentation du risque de récidive d’événement TEV, et permet de réduire le risque de saignement cliniquement pertinents de 25 % par rapport à une dose pleine. Nous pouvons donc affirmer que la dose réduite d'apixaban est à la fois aussi efficace et plus sûre que la dose pleine. » conclut la Pr Isabelle Mahé, Université Paris Cité, cheffe du service de médecine interne de l’hôpital Louis-Mourier AP-HP.

Ces résultats devraient conduire à une mise à jour des recommandations internationales, concernant un traitement prolongé chez les patients atteints d'un cancer actif qui ont déjà reçu un traitement anticoagulant pendant au moins six mois pour le traitement d’un événement TEV, en faveur d’un anticoagulant à dose réduite.

Pour en savoir plus : lire le communiqué de presse

 

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